
Mercredi 14 Décembre, l’auteur de bande dessinée angevin Bruno Rival animera au Chabada une rencontre autour de son nouveau livre, « Le Rock dans la Bande Dessinée - Des décibels sur les planches ». L’occasion était donc trop tentante de lui poser quelques questions sur les liens qui existent entre ses deux passions.
Un bon album de rock qui utilise la BD pour sa pochette?
Si on parle de BD au sens strict du terme, c’est-à-dire une série de dessins dans des cases, alors sans hésiter « Cheap Thrills » de Janis Joplin, illustré par Crumb. Dans le genre, c’est la référence absolue, la pochette est géniale, c’est un condensé de manifeste hippie alors que Crumb n’est pas un fan de Rock, loin de là. C’est un boulot de commande qu’il a fait un peu pour le fric et un peu parce qu’il aimait bien Joplin, son type de femme, (bien en chair et un peu vulgaire) qui de surcroît aimait les Comics. L’ironie c’est que le dessin devait au départ être utilisé pour le dos de la pochette. Quant à Janis, on ne la présente pas, quelle putain de voix.

Si on parle d’auteur de BD ayant illustré une pochette, sans hésiter « Gratuit 2 Morceaux en Moins » de Parabellum, dessiné par Pirus avec cette scène d’évasion de prison. Absolument rock’n roll. Un graphisme animalier, méchant et féroce. Le bagnard est un bad boy, cerné par des molosses. Ca reflète bien les morceaux, ce désir d’urgence et cette rage emblématique de cette époque bénie du Rock indé français de la fin des années 80 dans laquelle j’ai baigné dans la première moitié de ma vingtaine. Ca laisse des traces ! En plus Géant Vert qui aujourd’hui tient la chronique BD dans Rock & Folk a écrit une bonne partie des textes. Y a pas de hasard.

Un bon album de BD qui parle de rock ou y fait référence?
Là c’est dur. C’est bien pour ça que j’ai fait un bouquin sur la thématique. Choisir, c’est renoncer. Là sur l’instant, je vais dire « Le Local » de Gipi car graphiquement, il est splendide. Sinon, si j’ai le droit, je citerai « Eddy l’Angoisse » de Di Martino qu’il faut absolument lire quand on s’intéresse au sacerdoce du Rock en France. Tout y est dit.

Un dessinateur qui a révolutionné son art comme Hendrix a pu révolutionner le sien ?
Là, sans hésiter, Joe Sacco qui n’a pas à proprement parler révolutionné la BD mais qui en a agrandi la palette en réalisant des reportages en BD sur la Bosnie et la Palestine, son sujet de prédilection. Pour situer le genre, on a si l’on peut dire « l’équivalent » en France avec Etienne Davodeau (un angevin, comme par hasard !) Et à côté de ça, il est l’auteur du « Rock et moi », hilarante compilation de chroniques acerbes sur le Rock dont il démonte les clichés avec un humour caustique et imparable.

Un bon album de BD indépendante qui pourrait bien être redécouverte et célébrée par les générations futures?
Encore un choix difficile mais je pense à « Derniers Rappels » d’Alex Robinson, une étude de mœurs très réussie avec une galerie de portraits d’Amerloques d’aujourd’hui particulièrement bien campés. Le procédé narratif est efficace et prenant et puis il y a un clin-d ’œil magistral à John Lennon. En plus, c’est un pavé. On peut voyager avec !

Le personnage de BD que tu considères le plus rock ?
Lucien, de Margerin, définitivement.

Et le rockeur qui te paraitrait faire un excellent personnage de BD ?
Difficile de n’en citer qu’un, si j’ai le droit, j’en citerai 3. Un américain : Iggy Pop – Un anglais : Lemmy Kilmister (Mötorhead) – Un français : Didier Wampas



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